Enquête

Côte d’Ivoire : un nouvel échiquier constitutionnel

Article Enquête  |  Posté le : 11 Novembre 2016 à 09:36:36  |   Pays : Côte d'Ivoire     

​Les Ivoiriens ont approuvé la Constitution de la IIIe République, redessinant l’architecture du pouvoir. Mais ce qui intéresse la classe politique ce sont surtout les postes clés qu’elle ouvre. Les obtenir, c’est déjà s’inscrire dans la course pour 2020.

Un an, quasiment jour pour jour, après sa réélection, Alassane Dramane Ouattara (ADO) a achevé l’œuvre qui lui tenait tant à cœur, l’entrée de la Côte d’Ivoire dans la IIIe République.

Le référendum du 30 octobre représentait la dernière étape d’un marathon constitutionnel mené au pas de charge : remise d’un avant-projet par un comité d’experts chargé de sa rédaction le 24 septembre, adoption en Conseil des ministres le 28 puis à l’Assemblée nationale le 11 octobre et, donc, cette consultation nationale destinée à valider « son bébé ».

Résultat : 93,42 % des Ivoiriens l’ont approuvée, avec un taux de participation, principal enjeu du scrutin, de 42 %. Pas un raz de marée, mais pas non plus le boycott appelé de ses vœux par l’opposition.

Un niveau de participation somme toute logique, comparé à celui de la présidentielle de 2015 (54,6 %), car un référendum constitutionnel ne draine jamais les foules, ici comme ailleurs en Afrique – à titre de comparaison, la participation lors du référendum constitutionnel au Sénégal, en mars 2016, était de 38,26 %.

« Tirer des leçons du passé »

Cela faisait longtemps que le chef de l’État mûrissait sa réflexion à propos de la Constitution. Avant même l’obtention de son premier mandat. Et pour cause, l’homme est bien placé pour mesurer l’abîme dans lequel son pays a plongé depuis la mort de Félix Houphouët-Boigny, en décembre 1993. La faute à une succession non préparée, propice aux luttes intestines entre héritiers putatifs et à l’affrontement général entre tous ceux qui voulaient s’emparer d’un trône enfin libre.

« Mon premier souci était de tirer les leçons de ce qui est arrivé après Houphouët, nous a-t-il confirmé quelques jours avant le référendum, lors d’un entretien au palais du Plateau. On ne sait jamais à nos âges ce qui peut arriver, et je ne voulais pas que l’Histoire puisse se répéter. »

Source : jeuneafrique.com