Enquête

Bénin : l’homme d’affaires Sébastien Ajavon relaxé pour « insuffisance de preuves »

Article Enquête  |  Posté le : 08 Novembre 2016 à 08:56:42  |   Pays : Bénin     

​L’entrepreneur Sébastien Ajavon, troisième homme de la présidentielle de mars, a été arrêté pendant une semaine dans une affaire de trafic de drogue. Dénonçant « un complot politique », il a été relaxé vendredi soir.

Les Béninois pensaient avoir tout vu. Jusqu’à ce nouveau scandale à la croisée des mondes politique et économique. Soupçonné de trafic de drogue, l’homme d’affaires Sébastien Ajavon, 51 ans, a été interpellé le 28 octobre. Après avoir passé sept nuits en garde à vue à la gendarmerie maritime de Xwlacodji (Cotonou), il a comparu vendredi 4 novembre devant le tribunal de première instance de Cotonou avant d’être relaxé pour « insuffisance de preuve » et « au bénéfice du doute », au terme d’une audience qui aura duré environ dix heures.

Selon le procureur de la République, 17,265 kg de cocaïne ont été retrouvés entre 2 600 cartons de gésiers de dinde congelés, dans l’un des deux conteneurs en provenance du Brésil destinés à sa société Cajaf-Comon.

Procédures particulières

D’après un proche du chef de l’État, c’est un service de renseignements d’un pays européen, avec lequel le Bénin a récemment signé des accords de coopération en la matière, qui a transmis à la Direction des services de liaison et de la documentation (DSLD, le service de renseignements de la présidence) « une information très précise » concernant cette cargaison. Son chef, Pamphile Zomahoun, en a informé le président, Patrice Talon, le 27 octobre en début de soirée.

Une procédure inhabituelle, mais le pedigree d’Ajavon l’a obligé à demander des instructions. « Je n’ai pas à assumer ce qu’il fait, même s’il est mon partenaire politique », aurait répondu le chef de l’État depuis Paris, où il était en visite privée.

Après avoir hésité à agir en pleine nuit, Zomahoun, gendarme de profession, a alors chargé la gendarmerie du Port autonome de Cotonou, et non l’Office central de répression du trafic illicite de drogues (Ocertid), comme le veut la procédure, d’organiser la saisie le lendemain matin.

Source : jeuneafrique.com