Economie

La Côte d’Ivoire aujourd’hui : le long chemin vers l’émergence

Article Economie  |  Posté le : 16 Novembre 2020 à 11:25:36  |   Pays : Côte d'Ivoire     

​Le pays a retrouvé la paix et la sécurité et s’est lancée sur les chemins d’une croissance accélérée. Il a rétabli ses institutions et confirmé le processus de la vie institutionnelle.
En 2016, lors du deuxième mandat, une nouvelle constitution introduite, plus de justice et a essayé d’éliminer les clauses identitaires. Elle met l’accent sur la protection et la promotion de la femme dans tous les domaines.
La création d’un poste de vice-président vise à garantir la continuité de l’exécutif. Autre innovation importante, la création d’un Sénat qui a pour rôle de représenter les collectivités locales décentralisées ainsi que les ivoiriens établis hors du pays.
Une vraie mutation s’est opérée dans le domaine économique avec des investissements lourds qui ont des répercussions sociales, culturelles et politique. On est loin de la Côte d’Ivoire du 7 décembre 1993. À la mort du Président Félix Houphouët-Boigny, le pays était dans une profonde instabilité, affaibli par la crise économique et le concept d’ivoirité qui allait conduire à une quasi-guerre civile.
Aujourd’hui, avec un taux moyen de croissance entre 7 et 10 % par an, la richesse nationale de la Côte d’Ivoire a plus que doublé sur la décennie. C’est l’un des pays les plus performants dont l’économie repose sur les secteurs solides, du cacao, de l’agriculture et des produits agricoles, les ports d’Abidjan et de San Pedro, très compétitifs et le développement de l’énergie. Abidjan, sa capitale économique est une ville de près de 5 millions d’habitants. Elle concentre presque 60 % des richesses du pays. La ville s’est agrandie et étendue sur les vieux quartiers, dont certains ont été rasés. Les ponts ont été rétablis, d’autres ont été bâtis pour une meilleure circulation.

Un pays performant

La Côte d’Ivoire a fait un retour remarqué sur la scène internationale, donné à sa diplomatie une dimension régionale et encouragé les partenariats sud-sud. Ouverte sur le monde avec une société civile active bien que naissante, avec une jeunesse qui en veut, la Côte d’Ivoire s’apprête à franchir un nouveau cap.

Cette société civile a aussi besoin de sécurité. La sécurité c’est la santé. Or dans ce pays qui se croyait peut-être épargné est arrivé un hôte que l’on n’attendait pas le Covid-19. Cet infiniment petit virus a bouleversé le monde.
Décembre 2019 dans la ville de Wuhan en Chine une épidémie de coronavirus se déclare dans cette métropole de 11 millions d’habitants. Les chinois l’annoncent officiellement le 7 janvier 2020, le 30 janvier l’Organisation mondiale de la santé (OMS) déclare une urgence de santé publique de portée internationale. Le 11 février, l’OMS donne à la maladie causée par ce virus le nom de Covid-19. Le 11 mars l’OMS requalifie l’épidémie en pandémie.
Dès le 11 mars, les autorités ivoiriennes vont réagir, pour briser la chaîne de la contamination et mettre en place les mesures nécessaires, les mesures barrières, celles que l’on répète dans le monde entier : se laver les mains régulièrement, tousser dans son coude, pratiquer la distanciation mais aussi limiter les déplacements, pas de rassemblement, fermeture des lieux publics (maquis, restaurants…) confinement, dépistages sélectifs et couvre-feu.
Autre décision, l’isolement du grand Abidjan où sont créés 13 centres de dépistage, 45 autres à l’intérieur. Le port du masque est recommandé, voire obligatoire. Les masques sont disponibles et gratuits avec une priorité pour les services de santé, de la défense et de la sécurité.
Ces mesures sont accompagnées par une communication ciblée, notamment auprès des populations vulnérables et dans les campagnes, pour sensibiliser les habitants et expliquer le bien-fondé de ces mesures.

Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire fête ses 60 ans d’indépendance et se retrouve face à des élections présidentielles en octobre 2020. Ce scrutin est aussi une épreuve. Le Premier Ministre Amadou Gon Coulibaly, membre fondateur du Rassemblement Des Républicains (RDR), aux côtés du président depuis la fin des années 80, incarnait la continuité. Malheureusement, son décès brutal a bouleversé le pays et changé la donne.

Les vieux schémas électoraux ont la vie longue et la Côte d’Ivoire n’est probablement pas sortie de tous ses prismes ethniques ; bien qu’elle soit plus ouverte, plus moderne, plus métissée.
La classe moyenne qui s’est créée assure une certaine stabilité liée à ses besoins. Elle est connectée sur les réseaux sociaux et le citoyen nouveau est aussi l’électeur de demain.
Les électeurs de cette nouvelle génération, plutôt actifs dans les villes, ne veulent plus s’embarrasser du passé. Ils ont besoin de paix, de plus de justice sociale et de bonne gouvernance, de vivre ensemble mieux. Ils ont besoin aussi de se débarrasser des anciennes habitudes, d’avoir des critères de sélection basés sur la compétence et non pas sur des liens ou des connivences. Ils ont des exigences pour l’éducation, la santé et veulent un travail décent et un logement accessible.
Aujourd’hui, à la veille des élections présidentielles d’octobre 2020, le chef de l’Etat, Alassane Dramane Ouattara, qui souhaitait vraiment passer le flambeau à la nouvelle génération, se présente contre sa volonté.
« La constitution ne m’interdit pas d’être candidat. Ma candidature est une candidature d’urgence face à un cas de force majeure…Mon parti me l’a demandé. Comme il est majoritaire à l’assemblée, au sénat et dans les mairies, cela signifie que la majorité des ivoiriens m’a demandé d’être candidat…J’avais une obligation citoyenne et personnelle à être candidat…Mon parti aurait éclaté entre ces différentes tendances et Henri Konan Bédié serait sorti président…J’ai choisi la stabilité de mon pays et de transférer le pouvoir à la nouvelle génération qui m’entoure… »

Source : jeuneafrique.com