Culture

Expo-vente/Art premier: Masques et statues prennent le pouvoir au patronat !

Article Culture  |  Posté le : 06 Dcembre 2017 à 09:23:21  |   Pays : Côte d'Ivoire     

​Provenant de collections privées des pièces uniques et/ou rares d’art et d’artisanat traditionnel africain trônent au siège de la Cgeci un mois durant. Expo-vente/Art premier: Masques et statues prennent le pouvoir au patronat !

Une exposition-vente aux enchères d’œuvres d’art, d’artisanat d’art et antiquités authentiques, uniques, s’est ouverte le 28 novembre dans le hall de La Maison de l’entreprise d’Abidjan-Plateau, siège de la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (Cgeci).

Courant jusqu’au 28 décembre, cette expo-vente d’art premier, pour l’essentiel, est le fruit d’une triple collaboration entre des collectionneurs nationaux, les férues d’art et commissaires-priseurs, Maîtres Nanga Akpa Adèle et Gisèle Ouégnin, et le patronat ivoirien sous la houlette de Jean-Marie Ackah, son président, dans le cadre de la politique de mécénat culturel et artistique qu’il entend établir en principe. Bien plus, si la Cgeci a bien voulu abriter cette expo-vente, à cette période précise, aux dires de Me Nanga et Me Ouégnin, c’est surtout pour la faire coïncider avec la tenue du 5e Sommet Union africaine/Union européenne. D’autant plus que ces grands décideurs du monde qui s’étaient donné rendez-vous à Abidjan, sont non seulement, pour la plupart des amateurs ou collectionneurs d’art, mais aussi et surtout, sont des personnalités à même d’influencer la perception de l’art africain, premier ou contemporain.

Au diapason de l’engagement de Macron
A juste titre, les deux commissaires (priseurs) de l’expo rappellent avec un brin de fierté, l’engagement pris par Emmanuel Macron, le Président français, à la faveur de son discours de l’Université Ki-Zerbo de Ouagadougou (Burkina-Faso), à la veille de sa venue au Sommet d’Abidjan, qui affirmait ne « pas accepter qu’une large part du patrimoine culturel de plusieurs pays africains soit en France ». Et de renchérir : « Le patrimoine africain doit être mis en valeur à Paris mais aussi à Dakar, à Lagos, à Cotonou. Ce sera une de mes priorités. Je veux que d’ici à cinq ans les conditions soient réunies pour des restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain en Afrique. Je ne peux pas accepter qu’une large part du patrimoine culturel de plusieurs pays africains soit en France. Il y a des explications historiques à cela mais il n’y a pas de justification valable, durable et inconditionnelle ».

Pièces usuelles ou cultuelles désacralisées= collection
Pour en revenir à l’expo de la Cgeci, il est à noter que ce sont donc au total, plus d’une centaine d’œuvres qui sont proposées à la vente aux collectionneurs et autres amateurs d’art, galeristes et autres mécènes, aux fins d’acquisitions, d’échanges et d’enrichissements de collections personnelles ou muséales. Des objets usuels et cultuels, en bois et en bronze, des statues et masques, du tissage et de la peinture, des poids à peser l'or, de la poterie, des instruments de musique, des ustensiles, sièges royaux, tout y est.

Les civilisations africaines, en particulier celle de la Côte d'Ivoire, il incombe de le rappeler, ont toujours accordé la primauté à la fonction sur la forme. La beauté n'est jamais recherchée pour elle-même. Elle est atteinte lorsqu'il existe un accord fondamental entre la pensée religieuse et l'objet chargé de l'exprimer ou de la servir (ustensiles, statues, masques...). Ce que les collectionneurs appellent "l'art africain", ce sont en fait des objets usuels ou cultuels qui, désacralisés ou inutilisés aujourd'hui, sont vendus comme pièces de collections.

De l’aire baoulé, aux aires dan, senoufo, wê, bété, akyé, gouro…, en Côte d’Ivoire, mais aussi un grand pan du microcosme statuaire et des masques dogon, bambara…(Mali), bobo, mossi… (Burkina Faso), ashanti, akan (Ghana), ou encore du Libéria, de la Sierra-Leone, du Bénin en Angola, en passant par le Nigeria, le Cameroun, le Gabon, le Congo (Brazzaville et Kinshasa), la Guinée équatoriale, Angola etc., sont à (re) découvrir avec emphase ! Masques messagers ou mortuaires, poupées ou initiatiques, axiologiques ou utilitaires, accessoires (cannes, coiffes, sandales, chasse-mouches, parures…), tout y est dévoilé, avec certaines pièces datant de plusieurs siècles.

Source : fratmat.info