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Lutte contre la surcharge – La station de pesage d’Abengourou opérationnelle sur la route de l’Est

Article Société  |  Posté le : 10 Juillet 2019 à 09:41:16  |   Pays : Côte d'Ivoire     

​La mise en exploitation de la station de pesage fixe à basse vitesse d’Abengourou s’est faite le jeudi 4 juillet. Il s’agit du 9e ouvrage depuis le début de l’application en Côte d’Ivoire du règlement 14 de l’Uemoa relative à l’harmonisation des normes et du contrôle des gabarits, des poids et des charges à l’essieu des véhicules poids lourds. Cette station a été construite et équipée par l’union européenne dans le cadre de la réhabilitation de la route de l’Est. Le directeur général du Fonds d’entretien routier (FER), Diaby Lanciné, a indiqué que la station d’Abengourou, construite sur une superficie d’un hectare et demi, effectue les pesées dans le sens du nord vers le sud et a une capacité de 220 véhicules jour. Sa mise en exploitation permettra de contrôler les charges à l’essieu des camions poids lourds, assurant ainsi la préservation de la route de l’Est Abidjan-Adzopé-Abengourou-Agnibilékrou et ses raccordements aux frontières nord et est du pays.

Le directeur de cabinet du ministre de l’Equipement et de l’Entretien routier, Aristide Armand Yao, a indiqué qu’après cinq années de mise en œuvre du dispositif de contrôle des charges, la Côte d’Ivoire est parvenue à éliminer quasiment l’extrême surcharge, un des facteurs principaux de la dégradation des routes. « Les données actuelles sur les pesages montrent une meilleure appropriation du règlement 14 par les transporteurs », a indiqué le dir-cab, relevant qu’au début de la mise en œuvre de la règlementation communautaire en novembre 2014 avec le poste d’Allokoi sur l’autoroute du nord, il était fréquent de trouver des camions jusqu’à 18 tonnes à l’essieu, sur des routes dimensionnées pour n’en supporter que 13. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui.

Adresser les préoccupations des transporteurs

Le dir-cab Aristide Armand Yao a appelé le FER à faire bon usage de l’infrastructure dont l’exploitation a été concédée à Afrique Pesage, un opérateur privé. Il a exhorté les responsables à travailler en bonne intelligence avec l’ensemble des acteurs du secteur des transports, afin d’obtenir les résultats escomptés. Il prend ainsi en compte une des préoccupations, notamment le problème de la coresponsabilité - soulevées par Ibrahim Diaby, le président du Haut conseil des transporteurs, qu’il entend porter devant le comité de pilotage. Sinon les transporteurs sont d’accord que le développement de leurs activités passe par la qualité des infrastructures routières. « Nos camions doivent être contrôlés pour ne pas dégrader les routes », a déclaré le transporteur. Il ne croyait pas si bien dire car, selon le représentant de l’ambassadeur de l’UE, Pierre Prenu, une récente étude montre que la voie allant d’Abengourou à Abidjan déjà en train de se dégrader sur une distance de 600 m cumulé. Alors que la voie venant d’Abidjan reste stable.

Il a affirmé que la réhabilitation a tenu ses promesses, le trafic routier ayant plus que doublé, les charges d’exploitation des poids lourd ayant diminué d’environ 30% et beaucoup d’investissements privés ayant été faits au bénéfice du développement de la région, que ce soit dans le domaine du transport, de l’agriculture et de la transformation agricole. Pierre Prenu a affirmé que l’Etat consacre de 7% de son budget aux routes. Une part conséquente mais encore insuffisante pour couvrir les besoins, car le réseau est très dégradé.

Source : minutes-eco.com